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Des personnes s'échangent des biens de seconde main, privilégiant le réemploi et la lutte anti-gaspillage plutôt que l'achat de neuf.

#15 – 5 entreprises québécoises qui révolutionnent la lutte anti-gaspillage

À l’approche des fêtes, beaucoup de nos réflexes et habitudes peuvent accroître la surconsommation et le gaspillage, avec des répercussions importantes sur notre empreinte écologique.

Ces temps de l’année si spécifiques sont alors l’occasion idéale pour se questionner sur nos pratiques et envisager des alternatives plus durables.

Au Québec, plusieurs entreprises proposent des solutions concrètes et innovantes pour consommer autrement, sans sacrifier la qualité ni le confort.

Que ce soit en maximisant l’usage de biens dormants, en prolongeant la vie du matériel informatique, en donnant une seconde vie à des chaussures ou à des vêtements, ou en éliminant le jetable dans la distribution alimentaire, cinq entreprises révolutionnent nos façons de consommer.

Ce faisant, elles participent activement à la lutte contre le gaspillage.

Laissez-nous vous les présenter.

1. Le Partage Club

Une voisine tend une crock pot à son voisin qui en a besoin. Ils ont utilisé l'application Partage Club pour se prêter des biens entre voisins, maximisant ainsi l’usage de biens dormants.

Dans nos sociétés de surconsommation et alors qu’une grande partie des objets que nous achetons (outils, équipements, jouets…) sont sous-utilisés, il est essentiel de repenser nos habitudes.

Acheter des biens individuellement pour des usages occasionnels peut non seulement peser lourd sur nos budgets, mais aussi sur la surconsommation et l’empreinte écologique globale qui en découle.

Face à ce constat, le Partage Club propose une plateforme de mutualisation de biens qui facilite le prêt sécurisé de biens entre voisin.e.s, permettant ainsi d’éviter des achats inutiles et de réduire l’impact environnemental lié à leur production.

Ce modèle encourage non seulement une consommation plus responsable, renforce l’entraide locale et incite à adopter un réflexe simple : avant d’acheter, penser à emprunter ou à partager.

Un pas concret vers une consommation collective et raisonnable, alignée avec l’économie circulaire.

Site Web du Partage Club.

Le Partage Club a été accompagné par l’Esplanade dans le programme Collision en 2022, et Transformation entre 2023 et 2025.

2. Insertech

Des jeunes hommes prolongent la vie du matériel informatique en réparant du matériel informatique pour lui donner une seconde vie, contribuant ainsi à la lutte anti-gaspillage.

Dans un contexte où de nombreux.ses jeunes restent exclu.e.s du marché de l’emploi, où l’obsolescence rapide du matériel informatique génère une production massive de déchets électroniques, et où l’accès inégal aux technologies accentue la fracture numérique, il devient nécessaire de repenser nos façons de faire.

Face à ce constat, auquel s’ajoute un manque de ressources pour soutenir le développement des compétences numériques, Insertech s’est donné pour mission de répondre aux besoins technologiques de la communauté en offrant une solution informatique complète et abordable.

Vente d’ordinateurs reconditionnés, services de réparation, cours d’informatique et activités technos, l’OBNL, qui favorise le réemploi et la réparation d’appareils, contribue ainsi à lutter contre la surconsommation, l’obsolescence programmée et donc la pollution et le gaspillage des ressources.

Site Web d’Insertech.

Insertech a été accompagné par l’Esplanade dans le programme Transformation en 2024-2025.

3. Trolet

Un tas de chaussures de seconde main prêtes à être remises en état pour être vendues, contribuant ainsi à la lutte anti-gaspillage.

Chaque année, plus de 20 milliards de chaussures sont jetées dans le monde, alors que près de 20% sont encore neuves ou pourraient être remises en état. Une grande partie finit alors dans des décharges des pays du Sud, où elles mettent des milliers d’années à se décomposer.

Ce gaspillage, combiné à un cycle de vie très court, alimente non seulement la surproduction de biens, mais aussi l’épuisement des ressources et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Face à cet enjeu, Trolet a développé une technologie capable de nettoyer, désodoriser et désinfecter tout type de chaussures usagées.

Une fois propres et réparées, les chaussures ainsi revalorisées sont revendues à prix réduit (souvent 30% à 75% moins cher que du neuf), offrant une alternative durable, abordable et de qualité.

En valorisant le réemploi, Trolet contribue à réduire les déchets et la surproduction, et à lutter contre la pollution et le gaspillage de ressources.

Site Web de Trolet.

Trolet a été accompagné par l’Esplanade dans le programme Collision en économie circulaire avec RECYC-QUÉBEC.

4. BocoBoco

Un employé de BocoBoco manipule des bocaux contenants des produits locaux dans une épicerie zéro-déchets, limitant ainsi le gaspillage.

Au Québec, 80 % des déchets d’emballages sont des emballages à usage unique provenant du secteur alimentaire. Les modes d’épicerie traditionnels génèrent des surplus, des pertes et un excès d’emballages.

Bien que beaucoup de consommateur.rice.s souhaiteraient réduire ces emballages, l’épicerie en vrac reste souvent contraignante, les producteur.rice.s locaux.ales engagé.e.s manquent quant à elles et eux de canaux de distribution zéro-déchet.

C’est là que BocoBoco intervient, proposant une épicerie zéro-déchet en ligne : des produits locaux, bio et de qualité livrés de manière écologique dans des contenants consignés réutilisables, récupérés, nettoyés et remis en circulation.

Avec un système de commande « juste-à-temps », les client.e.s peuvent acheter uniquement le nécessaire, réduisant ainsi le gaspillage et les surplus.

En centralisant la préparation, la livraison, la récupération et l’assainissement des contenants, BocoBoco rend le zéro-déchet simple et accessible, et donne à chacun.e les moyens d’agir concrètement pour l’environnement.

Site web de BocoBoco.

BocoBoco a été accompagné par l’Esplanade dans sa super cohorte en action climatique en 2021-2022.

4. Bon magasinage

Une personne fait du tri dans un dressing de vêtements de seconde main, pour les mettre sur la plateforme Bon magasinage et rendre ainsi le magasinage de seconde main clair et facile, et contribuer à la lutte anti-gaspillage.

L’industrie de la mode est un des secteurs les plus polluants au monde et génère un gaspillage massif : une quantité colossale de vêtements peu portés sont jetés, la surconsommation persiste et le cycle rapide production‑achat‑rejet pèse lourd sur l’environnement.

Parallèlement à cet état de fait, de nombreux.ses consommateur.rice.s recherchent des vêtements de qualité à prix abordable, mais l’offre de seconde main reste parfois difficile d’accès : trier et vendre ses articles peut être complexe et chronophage.

C’est dans ce contexte que Bon Magasinage a choisi de proposer une solution simple : une plateforme claire, structurée et conviviale qui centralise la vente et l’achat de vêtements d’occasion, facilite le tri et la mise en ligne pour les vendeur.euse.s, et offre une expérience d’achat rapide et agréable pour les acheteur.euse.s.

En prolongeant ainsi la vie des vêtements, l’entreprise encourage une consommation responsable.

Site web de Bon magasinage.

Bon magasinage fait partie du programme Mouvement circulaire 2025-2026.

Avec les nombreuses alternatives à nos pratiques de consommation qu’elles offrent, Partage Club, Insertech, Trolet, BocoBoco et Bon Magasinage montrent qu’un geste individuel prend toute sa valeur lorsqu’il s’inscrit dans un modèle plus large de consommation responsable et réfléchie.

Adopter ces alternatives (tout comme choisir des produits québécois avec un impact environnemental ou social positif) ne change pas seulement notre quotidien, mais participe à une transformation profonde de nos modes de consommation, indispensable pour un futur durable.

En s’inspirant de ces modèles, chacun.e peut alors contribuer à réduire le gaspillage et l’impact environnemental, et faire du choix durable la norme plutôt que l’exception, toute l’année.