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Programme Transformation : les 15 entreprises de la cohorte 2026

Cette année encore, ce sont 15 entrepreneur.e.s que l’équipe d’Esplanade Québec a eu le plaisir d’accompagner dans le cadre du programme Transformation destiné aux entreprises et organisations d’impact en phase de mise à l’échelle. Une cohorte qui n’en est donc pas à ses débuts, avec des projets qui ont déjà fait leurs preuves sur le marché, et qui font maintenant face aux défis propres à la mise à l’échelle : grandir sans perdre sa mission.

De la biotechnologie verte à l’habitation solidaire, en passant par la santé numérique et l’économie circulaire, ces entrepreneur.e.s s’attaquent à des enjeux concrets : crise du logement, chutes chez les aîné.e.s, gaspillage électronique, accès aux soins…

Voici qui ielles sont, et ce qu’ielles changent.

Aplantex

Une société par actions représentée par Patrick Charest.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

L’approvisionnement en molécules phytochimiques – composés végétaux prisés pour leurs propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, antimicrobiennes et anti-âge – est fragile. Les industries agroalimentaire, pharmaceutique, cosmétique et de santé naturelle dépendent de chaînes d’approvisionnement soumises aux cycles saisonniers, aux aléas climatiques et à une logistique internationale complexe, ce qui se traduit par des risques de rupture, des coûts élevés et une qualité inconstante.

Résultat : des entreprises qui peinent à obtenir, de façon fiable et régulière, des molécules conformes à leurs spécifications, tout en subissant une pression croissante pour réduire leur empreinte carbone et s’inscrire dans une logique d’économie circulaire.

La solution d’impact:

Aplantex répond à cet enjeu avec une plateforme de biotechnologie verte modulable et exclusive. Grâce à ses phytoréplicateurs photosynthétiques propriétaires, l’entreprise produit localement et en continu, dans un environnement contrôlé, à l’abri des saisons, une biomasse végétale riche, dont sont extraites les mêmes molécules certifiées déjà recherchées sur le marché. La chaîne d’approvisionnement s’en trouve simplifiée et sécurisée, avec en prime une conformité ESG immédiate et un impact positif direct sur l’empreinte carbone et les objectifs d’économie circulaire de ses client.e.s.

Azimut Médical

Une société par actions représentée par Maxime Bolduc.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Les chutes chez les personnes âgées représentent l’une des plus importantes causes de fractures de la hanche, une blessure aux conséquences souvent lourdes : hospitalisation prolongée, perte d’autonomie, complications de santé en cascade, voire une mortalité accrue dans l’année suivant la fracture. Les protecteurs de hanche traditionnels existent depuis longtemps, mais leur adoption reste marginale : encombrants, inconfortables et peu attrayants, ils sont souvent délaissés par les personnes à risque, précisément celles qui en auraient le plus besoin.

Résultat : une protection existe, mais elle n’est pas portée, laissant un vide de sécurité au quotidien.

La solution d’impact:

Azimut Médical répond à cet enjeu avec Air-Sequr, un pantalon intelligent qui ressemble et se porte comme un vêtement ordinaire, mais qui dissimule un système de protection complet. Des capteurs embarqués détectent en temps réel un changement soudain d’accélération et de rotation typique d’une chute; un algorithme confirme la signature du mouvement, puis un coussin gonflable se déploie autour des hanches avant même l’impact. Le résultat : une atténuation de force 64 % supérieure aux protecteurs traditionnels, dans un vêtement rechargeable, réutilisable et discret.

Braver

Une société par actions représentée par Marie-Lou Gagnon.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

La communication dans le réseau de la santé est fragmentée. Clinicien.ne.s, cliniques, établissements, patient.e.s et proches aidant.e.s jonglent entre appels téléphoniques, fax, courriels non sécurisés et outils disparates pour échanger de l’information clinique, un système inefficace qui fait perdre un temps précieux en paperasse et en suivis manuels. Cette fragmentation devient particulièrement critique aux moments charnières, comme le congé hospitalier, où la prise en charge d’un.e patient.e se divise entre plusieurs intervenant.e.s et où l’incertitude peut s’installer.

Résultat : un manque de transparence pour les patient.e.s et leurs proches, une collaboration interdisciplinaire ralentie, et un risque accru de bris dans la continuité des soins.

La solution d’impact:

Braver répond à cet enjeu avec une plateforme unifiée de communication clinique, sécuritaire et intuitive. Professionnel.le.s de la santé, cliniques, patient.e.s et proches aidant.e.s peuvent y échanger messages textuels ou vocaux, faire remplir et signer des documents, ou effectuer des appels audio et vidéo automatiquement retranscrits en notes cliniques, que l’interlocuteur.rice ait ou non un compte Braver. En réunissant tout l’écosystème de soins autour d’un même fil sécurisé, la plateforme réduit la paperasse, accélère la collaboration entre intervenant.e.s et assure une continuité de soins transparente, du premier contact jusqu’au suivi post-hospitalisation.

Frëtt Solutions

Une société par actions représentée par Michelle Secours.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Champs, masques, blouses, produits de stérilisation, les milieux médicaux et dentaires reposent massivement sur des produits textiles à usage unique pour répondre aux exigences strictes de prévention des infections. Ce modèle jetable génère un volume considérable de déchets et une empreinte environnementale importante, difficilement conciliable avec les impératifs actuels de durabilité. Les alternatives réutilisables existantes peinent souvent à égaler la performance des jetables (résistance à la pénétration des liquides, filtration, respirabilité) ou reposent sur des traitements chimiques instables (charge électrostatique, additifs, PFAS, nanomatériaux) qui posent leurs propres enjeux de sécurité.

Résultat : les cliniques et les hôpitaux doivent choisir entre performance et conformité d’un côté, et impact environnemental de l’autre.

Leur solution d’impact:

Frëtt Solutions répond à cet enjeu avec des produits médicaux réutilisables fondés sur des technologies brevetées de membranes filtrantes et barrières. Grâce à une ingénierie textile de pointe, ces produits égalent ou surpassent la performance des jetables – résistance à la pénétration des liquides équivalente au niveau 3 de l’ASTM F2100, sans PFAS – tout en conservant leur efficacité jusqu’à 100 cycles de lavage et de séchage, avec possibilité de stérilisation. Chaque dispositif est traçable individuellement (QR code, code-barres, RFID) pour un suivi rigoureux à chaque réutilisation, et l’ensemble des composants est récupéré en fin de vie pour être recyclé.

Résultat : un réemploi et une stérilisation simplifiés, conformes et traçables, qui fait du réutilisable une alternative crédible et durable au jetable, avec jusqu’à 92% moins en GES, énergie, microplastiques et polluants éternels, eau et ressources comprises, sur l’ensemble du cycle de réutilisation.

Insertech

Une organisation à but non lucratif représentée par Marie-France Bellemare.

Le problème auquel s’attaque le projet:

Le renouvellement rapide des appareils électroniques génère un volume croissant de déchets technologiques, alors que des entreprises et organisations se départissent régulièrement d’ordinateurs et d’appareils encore fonctionnels. En parallèle, l’accès à la technologie reste un frein réel pour une partie de la population : le prix du neuf est hors de portée pour beaucoup, plusieurs personnes (notamment les aîné.e.s) manquent de littératie numérique de base, et de jeunes adultes peinent à obtenir une première expérience de travail qualifiante pour intégrer le marché de l’emploi.

Trois enjeux distincts – gaspillage électronique, fracture numérique et insertion socioprofessionnelle – qui, pris isolément, semblent difficiles à résoudre.

Leur solution d’impact:

Insertech répond à ces trois enjeux avec une seule solution intégrée. L’entreprise récupère le matériel informatique des entreprises pour lui donner une seconde vie : tri, nettoyage, effacement sécurisé et reconditionnement professionnel, avant la revente à prix abordable en boutique ou en ligne. Ce processus de reconditionnement sert aussi de terrain de formation concret pour son programme d’insertion à l’emploi de six mois, destiné à de jeunes adultes qui développent ainsi des compétences techniques recherchées. Enfin, à travers des cours et des ateliers, Insertech démocratise l’accès aux compétences numériques pour les personnes qui en ont le plus besoin.

Résultat : moins de déchets électroniques, une technologie plus accessible, et des parcours d’insertion professionnelle concrets, le tout porté par un modèle d’économie sociale.

Josephine Care

Une société par actions représentée par Sleiman Chahwan.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Les proches aidant.e.s de personnes âgées vivant seules à domicile font face à un dilemme constant : vouloir s’assurer que leur parent est en sécurité, sans pouvoir être présent.e.s en tout temps. Prendre des nouvelles trop souvent semble intrusif et vient empiéter sur l’autonomie et la vie privée de la personne âgée, mais ne pas vérifier assez souvent laisse planer un risque réel, notamment en cas de chute ou d’incident non détecté.

Les familles se retrouvent alors coincées entre deux excès, la surveillance envahissante et l’incertitude anxiogène, sans solution qui respecte à la fois la sécurité et la dignité de leur proche.

Leur solution d’impact:

Josephine Care répond à cet enjeu avec des capteurs intelligents et discrets qui s’installent directement dans le domicile de la personne âgée, sans caméras ni revente de données. Le système surveille en continu des indicateurs clés du quotidien (chutes, douches, ouvertures de portes, mouvements, alimentation, température) et transmet aux familles des mises à jour en temps réel : confirmation d’une routine normale, ou alerte immédiate en cas d’événement inhabituel, comme une chute ou une absence de mouvement prolongée.

Résultat : un filet de sécurité invisible, disponible 24 heures sur 24, qui permet aux familles de rester informées sans avoir à choisir entre bienveillance et contrôle, et à leurs proches de vieillir chez eux en toute dignité.

Kinesix XR Therapeutics

Une société par actions représentée par Nicolás Jiménez et Jose Massa.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

La réadaptation neurologique traditionnelle se heurte à des limites structurelles bien connues des cliniques et hôpitaux : des ratios thérapeute-patient.e insuffisants, des séances qui ne peuvent pas toujours offrir l’intensité et la répétition nécessaires à la récupération motrice et cognitive, et des exercices conventionnels souvent incapables de stimuler certains mouvements bloqués ou de développer de nouvelles stratégies motrices et cognitives.

Pour les patient.e.s en phase critique ou en début de réadaptation, cette réalité peut ralentir les progrès et retarder le congé hospitalier. Les clinicien.ne.s cherchent des façons d’intensifier le traitement et de personnaliser chaque intervention, sans toutefois pouvoir démultiplier leurs équipes.

Leur solution d’impact:

Kinesix XR Therapeutics répond à cet enjeu avec une plateforme de réadaptation immersive combinant réalité virtuelle, réalité augmentée et intelligence artificielle dans un même système, et offrant plus de 400 exercices répartis en 7 modalités thérapeutiques. Un avatar aux mains et doigts pleinement fonctionnels permet des exercices d’entraînement personnalisés selon les capacités motrices de chaque patient.e, dans un environnement de simulation sécuritaire qui stimule les neurones miroirs et favorise l’apprentissage et le développement de nouvelles stratégies motrices et cognitives, impossibles à reproduire en thérapie conventionnelle.

Résultat : une intensité de traitement plus élevée, un meilleur ratio professionnel.le-patient.e, un suivi de progrès mesurable, et la possibilité d’offrir des services de réadaptation à distance, permettant aux patient.e.s de quitter le contexte hospitalier plus tôt. La plateforme est encadrée par une licence d’établissement de Santé Canada et bénéficie du marquage CE en Europe.

Les cocagnes

Une organisation à but non lucratif représentée par Stéphanie Hinton et Audrey Hauet.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Démarrer une ferme écologique à échelle humaine reste extrêmement difficile au Québec. L’accès à la terre est coûteux et souvent hors de portée pour de jeunes entrepreneur.e.s agricoles, qui doivent en plus assumer seul.e.s l’ensemble des infrastructures, de l’aménagement et de la logistique nécessaires au démarrage, un fardeau financier et une charge mentale considérables.

Cette réalité freine la prolifération de fermes agro-écologiques et limite les occasions, pour le grand public, de se reconnecter à une agriculture saine, respectueuse des écosystèmes et ancrée dans la proximité.

Leur solution d’impact:

Les Cocagnes répond à cet enjeu avec un modèle de cohabitation collective sur une terre de 40 acres à Frelighsburg. L’organisme donne un accès abordable à la terre et permet la mise en commun des ressources pour une diversité de jeunes entreprises agricoles solidaires, allégeant ainsi le fardeau financier et la charge mentale du démarrage. La terre est aménagée dans une vision intégrée qui met en valeur la coexistence harmonieuse des espèces animales et végétales, et l’organisme propose une gamme d’expériences agrotouristiques qui font découvrir au grand public une agriculture de proximité et un contact privilégié avec la nature.

Résultat : un milieu de vie agricole fondé sur le partage, l’apprentissage et l’émerveillement, qui fait rayonner des pratiques agro-écologiques innovantes.

LocoMotion

Une organisation à but non lucratif représentée par Amélia Picard.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Posséder une auto revient cher, surtout quand on l’utilise peu : le véhicule dort 23h/24 devant chez soi, alors que son.sa propriétaire assume seul.e les frais d’achat, d’assurance et d’entretien. Pour les personnes qui n’ont pas les moyens ou l’usage suffisant pour justifier une auto, les options de mobilité restent limitées, particulièrement en région où les services de transport collectif ou d’autopartage commercial sont peu présents. Les modèles d’autopartage existants sont aussi souvent standardisés, sans réelle adaptation aux besoins spécifiques de chaque communauté.

Leur solution d’impact:

LocoMotion répond à cet enjeu avec un réseau de partage de véhicules entre voisin.ne.s (autos, vélos-cargos, vélos électriques, remorques à vélo et remorques automobile) organisé communauté par communauté. Chaque communauté locale, qu’elle soit urbaine ou rurale, choisit elle-même ses véhicules et ses conditions de partage selon ses besoins réels, via des comités citoyens, municipalités, OBNL ou entreprises accompagnés par l’équipe de LocoMotion. Sans application à télécharger, les membres empruntent ou prêtent directement sur le site web, avec une tarification équitable (à l’heure ou au kilomètre pour les autos, contribution volontaire pour les vélos et remorques).

Résultat : plus d’options de mobilité, à l’image et au rythme de chaque communauté, et une réduction du nombre de véhicules sous-utilisés sur le territoire.

Société de développement de l’Est

Une organisation à but non lucratif représentée par Philippe Dufort et Alexandre Michaud.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Dans l’Est du Québec, la crise du logement frappe particulièrement les petites municipalités. L’offre et les initiatives demeurent concentrées dans les pôles urbains, tandis que les localités périphériques disposent de peu d’expertise et de leviers financiers pour réaliser leurs projets. La rareté des logements limite la capacité de répondre aux besoins des résident.e.s actuel.le.s, particulièrement les personnes âgées, d’attirer de jeunes familles et d’enrayer la dévitalisation démographique et économique.

Répondre à cette crise exige de produire rapidement, dans plusieurs communautés, des projets de logement hors marché diversifiés, de haute qualité et abordables.

Leur solution d’impact:

La SDE répond à la crise du logement en milieu rural en développant, en partenariat avec les municipalités, une offre diversifiée de logements rassemblés en portefeuille et adaptée aux besoins locaux. Cette offre s’appuie sur une expertise professionnelle en développement immobilier (SDE), en construction (CMétis) et en gestion immobilière (Société du patrimoine de l’Est), réunie au sein d’un même groupe.­ Cette organisation intégrée permet de créer rapidement des logements de qualité.

La SDE mise sur des méthodes modernes, notamment la préfabrication, afin d’accélérer la livraison de projets sur un vaste territoire tout en maintenant le contrôle des coûts, des échéanciers et de la qualité. Par des démarches de codéveloppement avec les communautés, elle cherche à créer des milieux de vie complets, durables et adaptés aux réalités de la population. Cette approche vise non seulement à accroître l’offre résidentielle, mais aussi à soutenir la vitalité sociale, démographique et économique des municipalités. Ensemble, ces solutions permettent de loger plus et de loger mieux.

Société québécoise de phytotechnologies (SQP)

Une organisation à but non lucratif représentée par Olivier Boucher-Carrier.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

La réalisation de projets de phytotechnologie, une branche des solutions fondées sur la nature (SfN), demande un changement de paradigme important des professionnel.le.s, puisqu’il nécessite de passer d’un posture « prédire et contrôler » vers une gestion adaptative, basée sur l’approche « essai/erreur ». Tirant profit des propriété et caractéristiques des plantes vivantes afin de résoudre des problèmes environnementaux (pollution de l’eau, de l’air  et des sols, érosion, îlots de chaleur, GES, etc.), les ouvrages phytotechnologies (marais filtrants, toits et murs végétalisés, phytoremédiation, génie végétal, etc.) doivent être adaptés aux cycles naturels afin que les végétaux puissent y croître.

Pour permettre ce changement de pratiques, les professionnel.le.s ont besoin d’être en mesure de se former et de trouver de l’information fiable sur les succès et erreurs d’autres projets qui ont eu lieu au Québec, que ce soit aux niveaux de la recherche ou de la mise en place d’ouvrages.

Leur solution d’impact:

La Société québécoise de phytotechnologies répond à cet enjeu en tant qu’organisme à but non lucratif dédié à la promotion et au rayonnement des phytotechnologies au Québec. La SQP rassemble les chercheur.euse.s, les expert.e.s et les professionnel.le.s actif.ve.s dans le domaine et organise des activités de transfert de connaissances afin d’informer le public, les professionnel.le.s et les décideur.euse.s des approches disponibles. Le tout, en favorisant les échanges entre les intervenant.e.s à travers son colloque annuel, son répertoire des entreprises en phytotechnologie et ses relations de proximité avec de nombreuses organisations du domaine des phytotechnologies. Elle contribue aussi à la poursuite de l’excellence et de l’innovation par la formation, la recherche, la diffusion des connaissances et la remise d’un Prix d’excellence et une bourse étudiante.

Résultat : un domaine mieux connu afin que les solutions fondées sur la nature soient davantage intégrées au territoire pour mettre en place un Québec plus résilient et adapté aux changements climatiques.

TAPAJ

Une organisation à but non lucratif représentée par Scarlett Martinez et Julie Laflamme-Desgroseilliers.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Les personnes en situation de grande précarité, souvent aux prises avec des enjeux de consommation, d’itinérance ou d’exclusion sociale, comptent parmi les plus éloignées des structures d’aide et d’emploi existantes. Les dispositifs d’insertion traditionnels imposent des conditions préalables (qualifications, stabilité, engagement à long terme) que ces personnes ne sont pas en mesure de remplir dans l’immédiat, créant un véritable trou de service en matière d’inclusion sociale, surtout depuis que la montée de l’itinérance s’intensifie d’année en année.

Faute d’alternative accessible pour subvenir à leurs besoins de base, plusieurs se retrouvent poussé.e.s vers l’isolement, la rue, la détérioration de leur santé physique et mentale et parfois vers des activités criminalisées ou dangereuses, dans un cercle difficile à briser. Ce sont des enjeux systémiques et persistants qui appellent des réponses transformatrices plutôt que sectorielles.

Leur solution d’impact:

Dans une perspective d’amélioration du mieux-être, TAPAJ offre aux participant.e., appelé.e.s TAPAJeur.se.s, des plateaux de travail de proximité sans exigence de qualification ni d’expérience préalable. Encadrées par des intervenant.e.s, ces activités réalisées en « coude à coude » visent à favoriser le développement de la confiance en soi, l’amélioration de la santé globale et une sortie progressive de l’état de survie.

Ces occasions d’implication ponctuelle reposent sur une approche à seuil d’exigence adapté. Les participant.e.s ont la possibilité de recevoir une rémunération immédiate pour répondre à leurs besoins essentiels, sans engagement à long terme de leur part, en cohérence avec les défis associés à leur situation.

Territoires solidaires

Une organisation à but non lucratif représentée par Samuel Gervais.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

La crise du logement touche toutes les régions du Québec, et les solutions existantes, coopératives d’habitation en tête, bien qu’efficaces, ne suffisent pas à elles seules à répondre à l’ampleur du besoin. Jeunes adultes, familles et nouveaux.lles arrivant.e.s peinent à trouver où se loger, les entreprises ne savent plus où loger leurs travailleur.euse.s; les personnes âgées voient l’écart se creuser entre leurs revenus de retraite et le prix des logements.

Par ailleurs, développer un modèle immobilier réellement pérenne, qui garantit l’abordabilité à long terme plutôt qu’une simple aide ponctuelle, exige une expertise juridique, financière et immobilière que peu d’acteur.rice.s locaux.les possèdent seul.e.s, et un déploiement territoire par territoire qui se fait souvent en vase clos, sans mutualisation des ressources entre municipalités.

Leur solution d’impact:

Territoires solidaires répond à cet enjeu en soutenant l’émergence et le succès de projets en immobilier solidaire, à travers la création et la gestion de fiducies foncières communautaires (FFC) territoriales. Une FFC acquiert des terrains et des immeubles pour les détenir à perpétuité au service de la communauté, garantissant ainsi une abordabilité perpétuelle pour des espaces résidentiels, communautaires, culturels, commerciaux, nourriciers ou naturels, avec une gouvernance démocratique où les membres et fiduciaires habitent, étudient ou travaillent sur le territoire visé.

En mutualisant les ressources, les expertises et les outils entre plusieurs territoires (régions, MRC, villes,quartiers, arrondissements), Territoires solidaires permet une professionnalisation et une mise à l’échelle rapide du modèle, grâce à un déploiement réplicable et une viabilité financière partagée.

Thés du Nord

Une entreprise individuelle représentée par Julien Drouin-Bouffard.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

Malgré une demande croissante pour des breuvages locaux, sans caféine et alignés avec des valeurs écologiques, le marché du thé reste dominé par des produits importés. Les consommateur.rice.s et restaurateur.rice.s soucieux.ses de proximité peinent à trouver une alternative québécoise crédible au café ou au thé importé : quelque chose qui offre autant de raffinement et de diversité aromatique, tout en étant véritablement enraciné dans le terroir local.

Le savoir-faire artisanal de la fabrication du thé, quant à lui, reste largement associé aux traditions asiatiques, rarement appliqué aux plantes sauvages qui poussent ici même, au Québec.

Leur solution d’impact:

Les Thés du Nord répond à cet enjeu en produisant les premiers thés boréaux 100 % québécois, à partir de plantes sauvages du territoire (épilobe, framboisier, argousier) transformées selon des procédés artisanaux inspirés des savoir-faire asiatiques.

Le résultat : des infusions naturellement sans caféine ni théine, aux arômes uniques et aux propriétés bénéfiques, issues d’une cueillette responsable et d’une transformation artisanale locale.

Village Urbain

Une organisation à but non lucratif représentée par Charleine Coulombe.

Le problème auquel s’attaque l’entreprise:

L’accès à un logement ne se résume pas à trouver un toit. Pourtant, le modèle d’habitation dominant favorise souvent l’isolement, la surconsommation d’espace et de ressources, tout en rendant difficile l’accès à des logements abordables et adaptés aux réalités des ménages. Dans un contexte de crise du logement, de vieillissement de la population et d’augmentation de la solitude, de nombreuses personnes recherchent des milieux de vie qui permettent à la fois de préserver leur intimité et de créer un véritable sentiment d’appartenance. Or, les modèles actuels offrent peu de solutions qui favorisent durablement l’entraide, le partage et la vie de communauté.

À ces enjeux de lien social et de qualité de vie s’ajoute celui de l’abordabilité du logement. L’accès à la propriété devient de plus en plus difficile pour les ménages de la classe moyenne, tandis que les coûts du logement pèsent lourdement sur les ménages locataires.

Leur solution d’impact:

Village Urbain développe un modèle de cohabitat qui combine des logements privés complets avec des espaces communs conçus pour encourager les rencontres, la mutualisation des ressources et la participation citoyenne. Contrairement aux projets de cohabitat traditionnels, généralement portés par des groupes de citoyen.ne.s, l’OBNL prend en charge l’ensemble du développement immobilier, de la conception à la réalisation, puis accompagne les résident.e.s dans la création et la cogestion de leur milieu de vie. Cette approche permet de rendre le cohabitat plus accessible, tout en proposant une façon d’habiter qui renforce les liens sociaux, favorise l’entraide entre générations et réduit l’empreinte environnementale grâce au partage d’espaces et de services.

Cette volonté de rendre l’habitation plus accessible se traduit également par une réflexion sur l’accès à la propriété, un défi croissant pour de nombreux ménages québécois. Afin de répondre à cette réalité, Village Urbain poursuit le développement d’un modèle d’accession à la propriété hors marché spéculatif permettant de préserver l’abordabilité à long terme.

Réunies au sein du programme Transformation, ces 15 entreprises partagent une même exigence : refuser les compromis entre performance et impact.

Et c’est précisément ce qu’on les aide à faire au sein du programme, en leur donnant les outils, le réseau et l’accompagnement dont elles ont besoin pour passer à l’échelle sans jamais perdre de vue leur mission d’origine.

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