Suivez-nous
Mise à l'échelle: comment planifier son financement
mise à l'échelle, financement d'une entreprise, stratégie de financement, startup
12138
post-template-default,single,single-post,postid-12138,single-format-standard,bridge-core-2.3.2,ajax_updown_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,side_menu_slide_from_right,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-21.8,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-6.10.0,vc_responsive

Mise à l’échelle: comment planifier son financement

L’une des questions les plus épineuses de la mise à l’échelle, et de l’entrepreneuriat en général, c’est bien entendu la question du financement. C’est celle qui préoccupe le plus, mais aussi celle qui peut faire avancer le plus. Dans ce troisième article de notre série sur la mise à l’échelle, nous nous attaquons à ce sujet difficile.

Dans le contexte de l’entrepreneuriat d’impact, comment faut-il gérer son financement ? De quelle manière faut-il parler aux investisseur.e.s, à quel moment et dans quel contexte ? Alain-Olivier Desbois, expert en financement d’impact, et Louis Perrin, analyste financier, nous confient leurs conseils et nous mettent en garde contre les pièges à éviter. À la fin de l’article, vous trouverez un résumé des points importants à mettre en application !

Louis Perrin Analyste Financier Esplanade
Louis Perrin, analyse financier
Photo Alain-Olivier Desbois
Alain-Olivier Desbois, expert en financement d’impact

Quels sont les pièges dans lesquels, typiquement, on peut tomber quand on se lance dans une ronde d’investissement ? Quelles sont les bonnes stratégies à adopter ?

Surveiller le contexte macro

Pour Alain-Olivier Desbois, il y a une chose que les entrepreneur.e.s oublient souvent de considérer : le contexte macro. Pourtant, sans être totalement déterminant, ce dernier peut avoir une importance insoupçonnée dans le succès ou l’échec d’un projet ! 

L’environnement économique, c’est des cycles qui se répètent, des récessions et des moments plus favorables ; autrement dit, des moments où il est facile de lever du capital et des moments où ça l’est moins. Si on sent venir un moment défavorable, il est bon de s’assurer qu’on a assez pour tenir un moment, on peut donc tenter de : 

  Faire monter sa marge de crédit, pour pouvoir emprunter assez quand ça ira plus mal

   Lever des fonds rapidement

  Dépenser son argent le plus lentement possible

« La question à se poser : quel niveau de contrôle on peut aller chercher dans un environnement qu’on ne contrôle pas ? »
Alain-Olivier Desbois, expert en financement d'impact

Évidemment, il est ardu de déterminer comment se comportera l’économie – après tout, il y a des gens dont c’est le métier et qui n’y arrivent même pas. Cependant, certains indices peuvent indiquer qu’une récession est susceptible de survenir. Ce fut le cas notamment pendant le début de la pandémie : des problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, une crainte généralisée qui monte, une inflation qui augmente… 

Une autre bonne pratique : rester à l’affût de ce que font ses concurrents, afin de s’inspirer de leurs bons coups !

Un exemple de succès dans le bon contexte macro : Moozoom

 

Moozoom, c’est une entreprise qui produit du contenu média interactif éducatif, conçu pour aider les enfants du primaire à développer de bonnes compétences socio-émotionnelles. Ce contenu média est destiné à être utilisé en classe, durant les heures de cours régulières. Il ne requiert aucune formation pour l’enseignant.e et est apprécié par les enfants. 

Le bon coup de Moozoom (ou l’un des bons coups), c’est d’avoir lancé sa commercialisation en 2020, en pleine pandémie, dans un contexte où les enseignant.e.s étaient fatigué.e.s et en quête de simplicité, et les enfants manquaient d’interactions sociales. Facile à utiliser, fonctionnant même à distance, la solution de Moozoom avait tout pour être adoptée rapidement, et ça a été le cas !

 

L’entrepreneuriat d’impact : un atout dans les moments difficiles

Cependant, si le moment où on est prêt.e à commercialiser notre solution ne tombe pas dans le contexte macro idéal, on ne connaîtra pas forcément un échec. Il y a des moments durant lesquels, même dans un contexte macroéconomique généralement défavorable, une entreprise peut réussir à lever du financement. Cela peut être le cas en particulier pour les entreprises d’impact, de par leur raison d’être. En effet, puisqu’elles visent spécifiquement à résoudre des problèmes souvent exacerbés par les crises, elles sont plus à même de convaincre des investisseurs de leur pertinence. 

On peut penser à Oneka Technologies : l’entreprise a choisi un moment où l’économie n’était pas au mieux pour lever des fonds, les investisseurs étaient donc plus frileux à l’idée de dépenser dans de nouvelles entreprises. Pile le genre de moment d’incertitude contre lequel on vous mettait en garde plus tôt ! 

Pourtant, même dans ce contexte, Oneka a su tirer profit de sa mission : combiner l’eau de mer avec sa propre énergie, contenue dans les vagues, et fournir ainsi de l’eau douce aux populations et industries côtières. Étant donné la crise mondiale liée à l’eau potable, Oneka a pu faire valoir la pertinence de son projet au secteur de l’eau, qui se concentre toujours sur les solutions existantes. Ainsi, grâce à sa mission d’impact, même si le contexte économique n’était pas des plus favorables, l’entreprise a su lever du financement avec succès ! 

Le système développé par Oneka Technologies
S’attaquer aux vrais problèmes avec l’entrepreneuriat d’impact

Une des idées reçues sur l’entrepreneuriat et l’investissement veut que « faire le bien » ne rapporte pas suffisamment de rendement. Tout ce qui est certifié biologique, qui vise à préserver la biodiversité ou à impacter positivement les communautés ne serait pas profitable. C’est de plus en plus faux, en particulier depuis la pandémie, qui a éveillé les consciences. On remarque que les gens cherchent un sens à leur existence ; des considérations qui touchent aussi certains investisseurs dont le métier était historiquement axé essentiellement sur la création de valeur économique.

On peut également s’attendre à voir les nouvelles réglementations jouer en la faveur des entreprises d’impact. À titre d’exemple, on peut penser à ce règlement mis en place par le ministère de l’Environnement du Québec, visant à éliminer les systèmes de chauffage au mazout, qui dégagent de grandes quantités de GES. Plus il y aura de règlements de ce genre, et plus l’entrepreneuriat d’impact pourra s’étendre sur le marché !

Savoir convaincre les investisseur.e.s

Maintenant, il faut aussi savoir comment convaincre les investisseur.e.s et, on y pense moins souvent, comment les garder intéressé.e.s une fois qu’ils et elles ont investi dans notre projet. 

Pour ça, c’est « simple » : il faut gagner leur confiance. Cela implique donc de : 

 Maîtriser ce qu’on fait, c’est-à-dire sa technologie, sa solution, son secteur

 Avoir un plan d’affaires qui se tient et qui tient compte des incertitudes à venir, avec des jalons prévus, et du qualitatif et du quantitatif qui se complètent

 Bien comprendre les produits financiers et leur adéquation avec ce qu’on fait

 Connaître ses forces et ses faiblesses, et les communiquer

 Bien s’entourer, savoir montrer qu’on a une équipe solide et compétente.

Au fond, il faut savoir convaincre les investisseur.e.s que, même si on n’a pas réponse à tout, on a un plan solide, adaptatif, et qu’on saura rebondir si les problèmes arrivent, ou plutôt, quand les problèmes arriveront (parce qu’il finit toujours par y en avoir).

Ensuite, une fois l’investisseur.e convaincu.e d’embarquer dans son projet, il est important d’entretenir la relation avec lui ou elle.

Le fait de lui communiquer ses avancées, de lui soumettre les états financiers à temps, de lui transmettre les bons coups, lui permettra de rester impliqué.e dans l’entreprise et de garder son envie d’y contribuer.

Réussir son financement d’impact

Le financement, et à plus forte raison le financement d’impact, ce n’est jamais une mince affaire. Si on récapitule, voici nos conseils, en résumé :

   Surveiller le contexte macro pour mieux planifier ses moments de levées de financement

   Observer ce que font ses concurrents

   Savoir mesurer son impact et le communiquer

   Bien se renseigner sur les produits financiers disponibles

   Bien maîtriser son plan d’affaires et développer une forte capacité d’adaptation

  Entretenir sa relation avec ses investisseur.e.s.

 

Pour faciliter sa stratégie de financement, le mieux est encore d’être accompagné.e par des expert.e.s du sujet ! Esplanade Québec, avec ses programmes dédiés à l’accompagnement d’entrepreneur.e.s d’impact, saura vous apporter l’expertise et les conseils qu’il vous faut pour penser et déployer au mieux votre stratégie.