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Portrait de coach: Alain-Olivier Desbois - Esplanade Québec
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Alain-Olivier Desbois - portrait de coach

Portrait de coach: Alain-Olivier Desbois

Alain-Olivier Desbois possède une grande expertise dans la finance et l’investissement d’impact. L’Esplanade a la chance de le compter parmi ses coach.e.s d’affaires depuis plusieurs années. Dans sa carrière, il a aidé plus d’une centaine d’entrepreneur.e.s  dans le développement de leurs projets !
Quel est ton parcours académique ?

J’ai suivi un parcours académique en finance à l’Université de Sherbrooke, puis j’ai obtenu mon titre CFA (Chartered Financial Analyst).

Qu’est-ce qui t’intéressait dans la finance ?

J’ai toujours voulu changer le monde. Je suis allé dans la finance parce que je pense que c’était là que ça se passait : l’argent qui mène le monde, malheureusement ! Mais si on veut transformer la finance, il faut comprendre les rouages de la finance, selon moi.

Est-ce que tu peux me résumer ton parcours professionnel ?

J’ai débuté ma carrière au cœur de la bête financière, dans le milieu du capital d’investissement – les hedge funds, ou fonds de couverture (des fonds spéculatifs, utilisant des stratégies complexes et souvent risquées). Le capitalisme pur et dur ! Ça a été un apprentissage extrêmement intéressant.

Ça m’a permis d’aller voir comment fonctionne le système financier, de comprendre ses différents rouages, avec des gens à l’ego parfois surdimensionné, et où tous les coups sont permis. J’ai vu le côté sombre de la finance ! Ça m’a ouvert les yeux sur comment fonctionne le système. Mais tout ça était très loin de mes valeurs, finalement. Je ne sentais pas que je contribuais à la société comme je le voulais.

En 2000, j’ai eu l’opportunité de me joindre à un autre secteur d’activité de la finance : le capital de risque (un mode d’investissement dans les entreprises en début de croissance). J’ai découvert qu’on pouvait investir de l’argent dans des entrepreneur.e.s qui avaient des idées, pour les aider à les faire grandir. Et ça ne passe pas que par l’argent : il faut aider l’entrepreneur.e à créer de la valeur, à accéder à des réseaux, à commercialiser, à développer sa stratégie. Et en même temps, j’ai découvert les technologies propres, ou clean tech.

J’ai vu le côté sombre de la finance ! Ça m’a ouvert les yeux sur comment fonctionne le système.

En 2005, j’ai lancé mon entreprise, Elements Financial, pour continuer à faire de la consultation et aider les fonds de pension, ou d’autres investisseurs qui s’intéressaient au secteur des technologies propres. Avec Andrée-Lise Méthot, j’ai ensuite cofondé Cycle Capital, un fonds de capital de risque à Montréal et bien établi au Canada.

En 2015, le Québec a connu l’avènement des incubateurs et accélérateurs. J’ai participé à la création de Espace-inc, un incubateur-accélérateur à Sherbrooke, et en même temps j’ai contribué à démarrer le parcours d’accompagnement de l’Esplanade, impact8. J’accompagne aussi des fonds d’investissement (des groupes d’investisseurs qui mettent leur capital en commun), qui sont de plus en plus intéressés par l’impact. Car c’est la suite de l’équation dans notre écosystème : il faut amener plus de capital aux entreprises qui peuvent changer le monde. Aujourd’hui, aider les entrepreneur.e.s et investisseur.e.s à se rejoindre dans leurs activités et bâtir des nouveaux fleurons québécois d’impact est une grosse part de mon travail.

Pourquoi les investisseur.e.s sont de plus en plus intéressé.e.s par l’investissement d’impact, à ton avis ?

Je pense que ce qui se passe, c’est que pour la première fois dans l’humanité, on se rend compte que les générations futures n’auront pas les mêmes possibilités que les générations précédentes. On réalise tout le dommage qu’on fait, on réalise que notre système ne fonctionne pas. Il faut changer nos manières de produire, de consommer, et les gens sont de plus en plus conscients de ça. Les gens sont en quête de sens. Pour eux, l’investissement d’impact, c’est une réponse.

L’investissement d’impact, qu’est-ce que c’est exactement ?

Il y a plusieurs définitions, mais la plupart des gens s’accordent pour dire que l’investissement d’impact, c’est un investissement dans une entreprise, dans un fonds ou dans un instrument financier, qui est fait dans le but d’en retirer un rendement, tout en ayant l’intention de générer un impact positif, social et/ou environnemental, mesurable. Les mots importants de la définition sont « intention » et « mesurable ».

Les mots importants de la définition sont « intention » et « mesurable ».

Si par exemple on a investi dans une entreprise quelconque, et qu’on remarque ensuite qu’elle a créé X emplois, et qu’elle a contribué à réduire les gaz à effet de serre, on ne peut pas dire qu’on a fait un investissement d’impact. Ce n’était pas ancré dans une intention d’impact positif dès le début en s’appuyant sur une théorie du changement réfléchie.

Et qu’est ce qui t’a poussé à devenir coach ?

C’est surtout l’envie d’aider les gens. La réalité, c’est que les chances sont très inégales. Il y a des gens qui ont des bonnes idées, qui n’ont pas nécessairement toutes les ressources qu’il faut, et qui méritent d’être soutenus. Je veux les aider à réaliser leurs ambitions et leurs rêves.

C’est surtout par rapport à l’investissement que tu accompagnes les entrepreneur.e.s ?

Je les accompagne principalement sur trois dimensions. Je les aide dans leur stratégie, leur positionnement, et je les aide à organiser leurs actions et leurs activités pour monétiser leur proposition de valeur d’impact, leur ambition de changer les choses.

Ma thèse, c’est que quand on intègre l’impact au cœur des modèles d’affaires, on est capable de créer plus de valeur dans une entreprise. On agit entre autres sur son ADN, la stratégie de marketing, le développement du produit, les relations et la communication avec les parties prenantes.

C’est un peu ça que tu as fait avec l’entreprise Nectar, par exemple ?

Exact. Ça s’est d’abord passé à travers nos programmes d’accompagnement : ils ont fait le programme Accélération de l’Esplanade en 2017, qui est sous forme de cohorte.

Quand on intègre l’impact au cœur des modèles d’affaires, ma thèse, c’est qu’on est capable de créer plus de valeur dans une entreprise.

Le concept de cohorte, je le trouve extrêmement important dans l’accompagnement. Les entreprises peuvent se frotter à leurs pairs, collaborer, entendre d’autres entrepreneur.e.s qui se posent les mêmes questions, et qui les voient différemment parfois. Après 4-6 mois, on voit qui sont les entrepreneur.e.s vraiment résilients, qui font leurs devoirs, qu’on aimerait coacher…

Comment ça se traduit ?

Ils et elles ont de l’écoute, savent laisser leur ego de côté, sont capables de laisser voir leur vulnérabilité, veulent bien s’entourer d’autres têtes pensantes pour s’améliorer… Tout ça les aide à surmonter les difficultés plus facilement.

L’entreprise Nectar, j’ai continué à l’accompagner même après le programme. J’aimais l’entrepreneur, je croyais dans ce qu’il faisait. On a fait, entre autres, une ronde de financement auprès de la communauté d’investisseurs locaux du Québec et sur la plateforme SVX (une plateforme de marché boursier social) avec des investisseur.e.s d’impact, ce qui a généré 1,1 million de dollars.

On n’est pas là pour donner toutes les réponses, mais plutôt pour donner son avis, un éclairage particulier, pousser les questionnements.

Quand on est coach et que ça fonctionne, c’est parce qu’on a réussi à établir un lien de confiance basé sur sa crédibilité, sa capacité à écouter l’entrepreneur.e, à le ou la faire réfléchir et à l’amener sur les bonnes pistes. On n’est pas là pour donner toutes les réponses, mais plutôt pour donner son avis, un éclairage particulier, pousser les questionnements.

En tout, combien d’organisations as-tu accompagnées avec l’Esplanade ?

Il y a plusieurs niveaux d’intensité d’accompagnement, c’est sûr. Je dirais environ 120 entreprises à travers les ateliers, une trentaine à travers un coaching plus poussé, et environ 8 dans lesquelles je m’implique en plus comme investisseur, sur les conseils d’administration ou dans les comités aviseurs.

Est-ce que tu as autre chose à ajouter ?

Mon but, c’est vraiment de contribuer à transformer notre système actuel. La finance, et tous les outils financiers d’impact qu’on est en train de développer aujourd’hui, ce n’est pas une finalité. C’est un moyen de permettre à des projets d’avoir un réel impact, et de contribuer à transformer positivement la société.