
21 Mar Portrait d’impact – Trolet donne une seconde vie aux chaussures usagées
Sauver des tonnes de déchets en revalorisant les chaussures de seconde main, c’est ce que propose Trolet. L’entreprise déploie une plateforme de revente de souliers usagés retapés, un pas à la fois.
Chaque année, environ 22 milliards de chaussures, soit 95 % de la production totale, sont jetées dans le monde. C’est pourquoi Trolet vise à fournir une solution simple et responsable afin de réduire ce type de gaspillage en transformant l’industrie du soulier de seconde main.

“Et ce, en offrant une expérience d’achat à la fois éthique, économique et esthétique”, décrit Solène Thubert, cofondatrice et directrice marketing chez Trolet.
C’est en arrivant à Montréal que le PDG et cofondateur de Trolet, Jules Trolet, s’est buté à plusieurs obstacles en voulant se procurer des chaussures de seconde main.
« Il y a beaucoup moins de choix de souliers que de vêtements dans les friperies. Parfois, les paires manquent aussi d’hygiène. Et sur des plateformes comme MarketPlace, on peut avoir des difficultés à avoir confiance quand c’est une transaction de pair-à-pair », énumère Solène Thubert.
Des freins qui font en sorte que plusieurs personnes se tournent vers le marché du neuf, faute d’options.
« Les souliers qu’on propose sont sauvés de la décharge. On les désinfecte, on les nettoie, on les répare et on les revend entre 20 et 70 % de moins que le prix de chaussures neuves », souligne Solène Thubert, dont l’entreprise s’approvisionne auprès de friperies et de grossistes.
Une solution écologique et économique

Jules Trolet, Cofondateur et PDG de Trolet
Sur son site web, Trolet propose les chaussures qu’elle a d’abord récupérées et rafraîchies. Jules Trolet s’est d’ailleurs formé pour devenir cordonnier dans le but de rendre aux souliers leur lustre original.
Au savoir-faire du cofondateur s’ajoute un département de recherche et développement afin d’améliorer les technologies destinées à la réparation de ces accessoires.
Depuis décembre, Trolet participe également à des événements pour permettre à sa clientèle d’essayer les modèles sur place.
Depuis sa création, Trolet a ainsi pu sauver une centaine de paires des ordures et les revendre.
Après plusieurs années à optimiser des systèmes complexes dans des environnements exigeants, l’appel de l’entrepreneuriat s’est imposé comme une évidence. Après avoir fondé et développé plusieurs entreprises, il se concentre sur un enjeu qui le passionne profondément: l’énergie durable.
« C’est à peu près l’équivalent de 2,5 tonnes de CO2 qui auraient été émises si ces chaussures avaient été produites », calcule Solène Thubert.
En 2025, Trolet souhaite augmenter son volume à 1 000 paires revalorisées par mois.
En plus de diminuer les déchets et la pollution reliés à la fabrication de nouveaux articles, Trolet permet également aux fashionistas de réduire leurs dépenses.
«Quand on compare le prix des souliers neufs avec ceux que l’on propose, on s’aperçoit que nos clients ont pu réaliser environ 6 000 $ d’économies!», se réjouit la directrice marketing.
Un accompagnement pour propulser les affaires
En intégrant le programme Collision en économie circulaire d’Esplanade Québec et de RECYC-QUÉBEC en 2024, Trolet a entièrement revu son modèle d’affaires.

L’équipe de Trolet, pendant le Bootcamp du programme Collision
« Au départ, on avait une autre identité de marque. On était davantage concentré sur le côté technologique. Et grâce à Esplanade Québec, on a changé de cible et on s’est orientés vers les consommateurs, indique Solène Thubert. C’est là que Trolet est vraiment né, avec la plateforme en ligne pour vendre des souliers revalorisés. »
Leur mentor, Michel Bernard a d’ailleurs été d’un soutien précieux « sur à peu près tout », insiste Solène Thubert.
« Il nous a aidés à prendre des décisions, à éviter des erreurs stratégiques et à penser à certaines choses qu’on n’aurait pas nécessairement remarquées, souligne-t-elle. Dès qu’on avait des questions ou un problème, on a toujours été mis en contact avec les bonnes personnes. Et ça nous a vraiment servi parce qu’on a eu des conseils très précis. »
Trolet a aussi pu compter sur le soutien de RECYC-QUÉBEC, partenaire de cette cohorte du programme Collision. La jeune pousse a ainsi pu avoir un aperçu global de l’écosystème de l’économie circulaire au Québec et nouer des liens pérennes avec des acteurs de ce secteur.
« Jules a aussi pu rencontrer les experts de la société d’État pour comprendre comment ils pouvaient nous appuyer sur l’aspect économie circulaire dans notre développement », ajoute Solène Thubert.
Trolet travaille actuellement à optimiser sa chaîne de nettoyage de chaussures en automatisant davantage de tâches reliées à la restauration des souliers. En avril, Trolet prévoit également le lancement d’une campagne de sociofinancement.
« Ça va être un gros tournant dans notre développement, entrevoit Solène Thubert. On va continuer nos efforts pour partager notre mission au plus grand nombre et avoir de l’impact le plus rapidement possible. »