Suivez-nous
Coop Boomerang optimise les résidus de production alimentaire
dam drinks, laits végétaux, environnement, sauvegarde de l'eau, suremballage
12215
post-template-default,single,single-post,postid-12215,single-format-standard,bridge-core-2.3.2,ajax_updown_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,side_menu_slide_from_right,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-21.8,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-6.10.0,vc_responsive

Portrait d’impact: Coop Boomerang, maximiser le potentiel des résidus de production alimentaire

Par Kim Fontaine

Après avoir produit une farine maltée à partir de la drèche des microbrasseries montréalaises, la coop Boomerang devient un facilitateur d’économie circulaire en accompagnant des entreprises qui sont intéressées, elles aussi, à emboîter le pas pour valoriser ces « déchets » qui n’en sont pas vraiment.

Depuis leur fondation en 2020, les membres de la Coop Boomerang ont développé une expertise de stabilisation des résidus de production par la déshydratation afin de les réintégrer dans l’alimentation humaine. 

Voir de la valeur où la plupart des gens n’en voient pas

Tangui Conrad, Mathieu Gauthier et Alexis Galand, les membres fondateurs de la Coop Boomerang, se sont rencontrés dans le cadre d’un cours en entrepreneuriat de leur maîtrise en gestion et développement durable.

Le trio devait alors développer une solution face à une problématique sous la forme d’un modèle d’affaires. À cette époque, le phénomène des micro-brasseries bat son plein et ils décident (avec un brin de plaisir) de s’intéresser à la gestion des drêches, résidu de brassage de la bière. 

Ce qui était initialement un projet étudiant devient, de fil en aiguille, un projet entrepreneurial. En participant au Coopérathon en 2019, l’équipe peaufine sa solution et développe un modèle d’affaires. 

En mars 2020, ils s’enregistrent comme coopérative. Un mode de gouvernance tout à fait aligné avec leurs valeurs sociales.

Au-delà du gaspillage alimentaire dans l’assiette

Selon une étude de quantification des pertes et gaspillage alimentaires au Québec réalisée par RECYC-QUÉBEC en 2022, 16% des ingrédients qui entrent dans le système alimentaire québécois sont gaspillés. 45% de ceux-ci proviennent des étapes de distribution, production et transformation.

Devant ce constat, l’équipe décide de s’attaquer à cette problématique. Contrairement à l’aspect du gaspillage alimentaire à l’assiette, l’aspect des surplus de production est largement ignoré, voire délaissé.

En effet, le simple fait d’appeler les résidus de production « des déchets » plutôt que des co-produits en dit long sur la valeur qui leur est portée.

L’expertise de stabiliser le résidu par la déshydratation

Dans le cas des microbrasseries, il n’est pas possible de faire une réduction à la source. À partir du moment où on brasse de la bière, il y a de la drèche. Comme il s’agit d’un résidu de production organique, la durée de vie de ce coproduit est courte, d’où l’importance de le stabiliser rapidement. Pour ce faire, la coop Boomerang a développé un procédé de stabilisation par déshydratation qui lui a permis de créer un produit de farine maltée.

De la farine maltée qui a du goût et de l’impact

La drèche provient de céréales qui ont été torréfiées ce qui donne à la farine des arômes de caramel, de chocolat et même de café. Non seulement bonne au goût, elle a des propriétés nutritives intéressantes.

Comme les céréales sont maltées et bouillies, le sucre et le gluten sont déjà en partie consommés. Ainsi on ne conserve que la fibre, la protéine (20% de la drèche) ainsi que les minéraux.

Depuis leur installation à la centrale agricole, et grâce à un soutien financier de RECYC-QUÉBEC dans le cadre de l’appel à propositions visant la réduction, la récupération et le recyclage des matières organiques du secteur des industries, commerces et institutions, ils sont en mesure de valoriser 12 tonnes de résidus par mois, ce qui permet d’empêcher 78 tonnes d’émission de GES par an.

De producteurs de farine à facilitateurs d’économie circulaire

Avec leur farine maltée, la coop Boomerang participe à améliorer la performance environnementale de plusieurs boulangeries et pâtisseries.

Ayant eu une belle exposition médiatique dès le début de leur aventure, ils se sont fait rapidement contacter par deux types d’entreprises : celles qui désirent valoriser leurs résidus et celles qui cherchent des ingrédients d’économie circulaire pour leurs produits.

Devant ce momentum et considérant l’engouement des facteurs ESG des entreprises, l’équipe décide d’ajouter un service à leur offre : accompagner et rendre autonome les compagnies dans la valorisation de leurs résidus.

Bien évaluer les opportunités de croissance grâce à l’Esplanade

La Coop Boomerang a participé en 2023 à la Super cohorte en innovation climatique d’Esplanade Québec et Cycle Momentum.

À ce moment, l’équipe avait beaucoup d’opportunités de croissance et devait prendre des décisions quant au développement de leur coopérative.

Les ateliers leur ont permis de structurer leurs réflexions en sachant par où commencer. Accompagnés par leur coach, Thibault Joubert, ils ont réussi à trouver la clarté nécessaire pour continuer d’avancer.

« C’était un moment charnière. Thibault s’est énormément impliqué. Ce fut fortement bénéfique d’avoir ce regard neuf, objectif et extérieur ».

Grâce à leur participation à la Super cohorte, ils ont également pu être mis en contact avec RECYC-QUÉBEC, un des partenaires de la cohorte. Propulseur de l’économie circulaire au Québec, la Société d’État s’implique auprès des entrepreneurs qui apportent des solutions pour réduire, réutiliser, recycler et valoriser les matières résiduelles dans une perspective d’économie circulaire et de lutte contre les changements climatiques.

L’Économie circulaire pour contrer la crise climatique

Pour conclure, Mathieu Gauthier, responsable du développement des affaires, rigole en disant que, même si la coop a à peine 3 ans d’existence, ils font déjà partie des «vieux» joueurs.

Pour le futur, ils rêvent de structurer un pôle en économie de co-produits à Montréal tout en continuant de s’assurer de limiter leur propre impact. 

On leur souhaite d’avoir les moyens de leurs ambitions pour continuer à agir sur ce levier de transition écologique qu’est notre alimentation.

Merci à nos partenaires et commanditaires du pôle Environnement et changements climatiques pour leur soutien sur cette Super cohorte: le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, la Ville de Montréal, RECYC-QUÉBEC, le Groupe Banque TD, Coop Carbone et IVÉO.