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Portrait d'impact: Versatile, redonner vie au textile - Esplanade
Après avoir découvert le désastre des textiles jetés chaque année, Vincent Wilson a fondé l'entreprise Versatile pour les revaloriser.
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Portrait d’impact: Versatile, redonner vie au textile

Un Québécois consomme annuellement 40 kg de textiles, selon un rapport de MUTREC. Un vêtement est porté environ sept fois avant d’être jeté ou donné – la faute notamment à la fast fashion. Et après avoir été jetés, la moitié de ces textiles sont enfouis. Un fait peu connu, que Vincent Wilson a découvert au hasard de recherches sur les problèmes environnementaux. Mais avec son entreprise Versatile, il veut revaloriser ces déchets.

« Ces dernières années, j’ai mis beaucoup d’énergie sur le divertissement, mais j’avais envie de me rapprocher de mes valeurs personnelles, l’une d’elles étant la défense de l’environnement, confie Vincent Wilson, réalisateur à la pige. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour la planète. J’aime être proactif. » C’est en mars 2020 lors d’un voyage en Indonésie, « qui a longtemps été la poubelle du Canada et d’autres pays industrialisés », que lui vient l’idée de fonder Versatile. L’objectif : trouver des solutions aux problèmes créés par l’humain.

 

Pour recycler le textile, plusieurs solutions ont été développées, malheureusement souvent très coûteuses. La plus développée à travers le monde est la défibreuse, dont la chaîne de montage coûte 4 millions $ – il n’y en a d’ailleurs plus au Québec depuis 2016. L’entrepreneur se penche alors sur une solution moins onéreuse : broyer le textile, car une déchiqueteuse se détaille à 10 000 $. « On coupe le textile post-consommation en fines particules et on les reconglomère ensemble avec un liant pour créer un nouveau produit », explique Vincent. Ce liant est conçu à base de mycélium, une substance issue du champignon.

Un facteur wow et une valeur environnementale

Le nouveau produit ainsi obtenu compterait plusieurs propriétés actuellement en test, notamment d’isolation sonore et thermique, permettant par exemple de faire des panneaux d’isolation. « Ce que je veux faire, c’est des produits avec un facteur visuel wow, et que dans un deuxième temps le client découvre que le produit a une valeur environnementale, souligne Vincent Wilson, qui s’est justement mis au design graphique il y a quelques années. Mon concept, c’était aussi de trouver un produit qui soit viable financièrement, parce que pour trouver des investisseurs il faut surtout prouver qu’on peut faire de l’argent avec sa solution… »

 

Pour s’aider dans le développement de Versatile, l’entrepreneur a intégré au printemps 2021 la cohorte Collision de l’Esplanade. Un programme qui lui a donné une certaine structure et lui a permis d’identifier les étapes nécessaires pour arriver à ses objectifs. « Collision donne des outils pour challenger son approche, son marché et son produit. On part avec une hypothèse de travail, et grâce à ces outils on voit si on est dans la bonne direction, analyse Vincent Wilson. Et c’est le fun de se frotter à des gens qui ont de l’expertise et qui peuvent prévenir tous les coups et tous les coûts! Enfin, ça m’a permit de comprendre que j’avais des devoirs à faire avant d’avancer… »

 

L’entrepreneur a au passage décroché deux bourses, l’une du Fonds de Recherche du Québec et l’autre du Coopérathon Desjardins, qui lui a notamment permis d’engager une experte en textile, Marianne-Coquelicot Mercier, comme consultante spécialisée en économie circulaire du textile. Car il y a d’autres enjeux pour lesquels il faut adapter la solution, comme la mixité des textiles : les vêtements d’aujourd’hui sont ainsi conçus de mélanges de fibres naturelles (coton, laine) aussi bien que plastiques (élasthanne, polyester). Quand on s’attaque à la deuxième industrie la plus polluante du monde après l’industrie pétrolière, les défis sont nombreux… Mais Vincent Wilson est prêt à se retrousser les manches. Sa devise? « Si tu ne fais pas partie de la solution, c’est peut-être parce que tu fais partie du problème. »