Suivez-nous
Portrait d'impact: Myelin, connecter les connaissances en santé mentale - Esplanade
3768
post-template-default,single,single-post,postid-3768,single-format-standard,bridge-core-2.3.2,tribe-no-js,ajax_updown_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,side_menu_slide_from_right,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-21.8,qode-theme-bridge,wpb-js-composer js-comp-ver-6.2.0,vc_responsive

Portrait d’impact: Myelin, connecter les connaissances en santé mentale

Connecter rapidement et efficacement les dernières découvertes en santé mentale afin d’optimiser la prise en charge des patients, c’est la mission que s’est donnée Myelin.

S’il y a bien une conclusion que fait souvent Marc-Olivier Schüle, c’est que malgré l’existence de nombreuses informations dans le domaine de la santé mentale, une publication scientifique prend toujours des années avant d’être mise en pratique sur le terrain. Le doctorant en psychoéducation en discute avec Marise Bonenfant, professionnelle des sciences de l’information, qui constate que dans cette masse d’informations – environ 3 000 articles de psychologie sont publiés chaque jour – beaucoup de textes qui pourraient pourtant changer des vies ne sont pas utilisés, voire jamais consultés. En 2017, Marc-Olivier et Marise s’associent alors avec François Menet, spécialiste en intelligence artificielle (IA), suite à une idée de ce dernier : et si on se servait de l’IA, utilisée surtout pour influencer les gens, pour les informer des dernières découvertes issues de la recherche en santé mentale? Myelin était née.

Le nom de l’entreprise vient de la substance qui permet de faire circuler les informations plus vite dans le cerveau. « C’est la métaphore de ce qu’on veut : faire circuler les informations, les relier entre elles et accélérer les changements, explique le doctorant. On travaille sur le transfert des connaissances entre les patients, leurs familles et les intervenants, pour les optimiser, les rassembler et offrir ensuite un meilleur service. » Myelin sort donc début 2020 la première version de son application mobile, qui repose sur une combinaison d’IA, d’automatisation et d’intelligence collective. La startup crée des portails thématiques sur lesquels les patients, les familles et les intervenants peuvent regrouper les outils d’intervention qu’ils ont créés. La technologie de Myelin évalue et relie par la suite ces outils avec les données scientifiques disponibles afin de permettre à chaque utilisateur d’avoir accès à l’ensemble des informations.

Si un intervenant en santé mentale veut aider un patient dans une situation spécifique (par exemple aider un enfant autiste à mettre un masque ou bien se laver les mains), il peut aller voir ce qui existe déjà dans la communauté, et pour chacune des interventions listées, consulter les informations scientifiques qui y sont reliées. L’application fonctionne comme une base de données participative. L’intervenant est donc invité à faire un retour sur les informations trouvées, permettant ainsi à l’application d’affiner la pertinence et l’utilité des résultats proposés. « Le feedback est un élément clé pour éliminer certaines informations et en recommander d’autres, souligne Marc-Olivier. Ce qu’on aime avec Myelin, c’est qu’autant l’individu aide la communauté, autant les informations de la communauté aident l’individu. »

Au contact des besoins

C’est la volonté de trouver un modèle viable économiquement tout en gardant un impact social qui a amené Myelin à s’inscrire au programme d’accompagnement Accélération de l’Esplanade.  L’Esplanade a en outre mis en contact l’entreprise avec de grosses institutions (CHUM, Hôpital Sainte-Justine). « Quand on a L’Esplanade derrière nous, ces institutions sont plus ouvertes à nous expliquer leur univers et leur réalité, ce qui permet de nous aligner sur quelque chose qui a plus de sens pour l’écosystème, explique Marc-Olivier. Aujourd’hui, ça fait déjà plusieurs années qu’ils nous connaissent, c’est donc plus facile de venir discuter avec eux. »

Ce qui a également été très pertinent pour Myelin, c’est l’analyse profonde, effectuée avec l’équipe de l’Esplanade, des besoins de l’écosystème et de la problématique à laquelle l’entreprise s’attaque. «Ça nous a permis de nous développer en tant qu’entreprise, car on a pu identifier ce qui était utile pour nos clients, mais aussi nous adapter parce qu’on était en contact avec le milieu ; dès que les besoins ont changé, on a réagi. »  

La pandémie a en effet fait ressortir des besoins différents. Si l’entreprise utilisait jusque-là ses données pour optimiser les outils d’intervention de ses clients (programmes, techniques, tests, etc.), elle s’est réorientée sur l’adaptation de ces services de base pour pouvoir les maintenir malgré la crise. En effet, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore trouvé comment offrir leurs services à distance de façon satisfaisante. C’est là que Myelin intervient, notamment en aidant des écoles ou des cliniques à faire des suivis de qualité grâce à Synerpsy, un outil de suivi à distance que l’entreprise a développé. Pour les organisations qui cherchent à diffuser des outils et à mieux comprendre la pandémie, comme des centres de recherche, Myelin a également créé des portails thématiques participatifs.

Myelin développe en outre des applications sur mesure pour des organisations ayant besoin de se moderniser. « Notre modèle d’affaire avance de plus en plus vers l’analytique : on utilise des données sur une entreprise et sur la communauté de professionnels du milieu pour pouvoir l’aider à optimiser ses services selon les problèmes qu’elle rencontre », indique Marc-Olivier. L’équipe de Myelin a en effet constaté beaucoup de difficultés dans  les milieux de pratique (écoles, cliniques, résidences pour personnes âgées…) pour aider les populations. « On regarde comment ils ont besoin de collaborer entre professionnels, avec les proches des patients, etc, pour créer des applications qui permettent d’optimiser toutes ces connaissances. » Bref, rendre les savoirs accessibles et les relier entre eux ; comme la myéline.

L’application Myelin

Les fondateurs de Myelin: Francois Menet, Marise Bonenfant et Marc-Olivier Schüle