
Barreau 2016, Julia est une avocate pratiquant chez Delegatus en fusions et acquisitions, droit corporatif, droit commercial et droit immobilier.
Reconnue pour son sens aiguisé des affaires et sa grande polyvalence, elle représente des entreprises œuvrant dans divers milieux dans le cadre d’acquisitions d’envergure et agit comme conseillère juridique pour une multitude de clients, de PME aux grandes entreprises.
Avant même de cogner à la porte des investisseur.euse.s, Julia Portelance est sans équivoque sur le fait qu’il est essentiel de réfléchir aux besoins de l’entreprise afin de mettre en place un plan d’action adapté à sa réalité.
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« D'entrée de jeu, je dirais que la première étape, c'est vraiment de se demander c'est quoi le montant qu'on veut aller chercher comme investissement, mais également qu'est ce qu'on veut faire avec cet argent là et dans quels délais on en a besoin ? ».
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Quand on est en démarrage, il peut être tentant d’accepter n’importe quelle offre. Toutefois, il est important d’être clair sur ce que l’on cherche; un simple investisseur financier, un partenaire d’affaires stratégique, un contact dans un certain milieu, un apport intellectuel, etc.
Conseil clé: Généralement, il est suggéré de ne pas céder plus de 20 % de son actionnariat lors d’une première ronde de financement. Il s’agit d’une notion intéressante puisque si l’entreprise cherche à lever un million de dollars, il faudra que sa valorisation se situe autour de cinq millions. Un réflexe mathématique pertinent à garder en tête lorsque l’on souhaite évaluer le montant à aller chercher en financement.
Évidemment le délai pour recevoir le financement aura un impact sur le type d’investissement à aller chercher. En effet, l’obtention d’un prêt peut se faire beaucoup plus rapidement que d’impliquer un.e nouvel.le actionnaire, d’où l’importance de se poser les bonnes questions.
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Trois options s’offrent à vous :
la dette, acquise via un prêt
l’équité, acquis via un.e investisseur.euse qui va devenir actionnaire
un instrument hybride, tel que les dettes convertibles ou les SAFE, qui permettent d’emprunter un montant d’argent en s’engageant à le convertir en un certain nombre d’actions à un moment donné.
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Deux types de dette convertible sont principalement utilisés : la note convertible ou encore le SAFE, un acronyme pour « Simple Agreement for Future Equity ». Ce dernier est généralement plus simple parce qu’il y a moins de documentation légale à rédiger et à négocier. Contrairement à la note convertible, règle générale, le SAFE n’est assorti d’aucune obligation d’intérêt et n’a aucune date maximale auquel il devra se convertir. Celui-ci est donc beaucoup plus utilisé auprès des start-ups qui en sont à leurs débuts.
Pour résumer : en termes de complexité, tout ce qui est « chèque direct » avec de la dette va impliquer un peu moins de négociation. Au contraire, les formules en équité sont parmi les plus compliquées. Pour ce qui est des instruments hybrides, ils se situent entre les deux.
À titre d’entrepreneur, il est essentiel de se demander ce que représente ce partenariat pour l’avenir de l’entreprise. De cette façon, on aura une idée plus précise de qui l’on souhaite intéresser et des conditions sur lesquelles on est prêt.e (ou non) à négocier.
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« Est-ce qu’on veut impliquer quelqu'un qui a des connaissances dans le milieu et qui va devenir aussi un.e mentor ou un.e partenaire d'affaires qui va pouvoir avoir un apport intellectuel dans l’entreprise ou est-ce qu'on veut un.e partenaire très silencieux ou encore juste un chèque ? ».
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Impossible de faire fie de ces questions, car lorsque viendra le temps de négocier les termes liés à l’investissement, si c’est un.e partenaire d’affaires que l’on veut aller chercher, on risque d’avoir plus d’ouverture à donner une place sur notre conseil d’administration, par exemple. Au contraire, si ce n’est pas ce qu’on cherche, on saura diriger nos efforts ailleurs.
Ensuite, il faut se demander à quelles fins l’investissement sera utilisé. Pour ce faire, un plan d’affaires étoffé est nécessaire et permettra aux investisseur.euse.s de saisir l’opportunité d’affaires.
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Évidemment, certaines entreprises doivent faire des rondes de financement très tôt dans leur existence parce que, de par la nature de leur activité, ils ont besoin d’une entrée d’argent significative au départ pour pouvoir développer leur produit ou leur technologie, par exemple. Pour eux, le plan d’affaires pourra être basé sur une étude de marché.
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Pour d’autres entreprises, le financement arrivera plus loin dans leur existence. Dans ce cas-ci, le plan d’affaires pourra démontrer ce que l’entreprise a accompli jusqu’à présent.
Pour terminer, en considérant le délai auquel les prêteur.euse.s pourront potentiellement retrouver leur investissement, vous serez capable de déterminer le type de personnes qu’il faudra tenter d’aller intéresser.
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S’agit-il d’investisseur.euse.s qui ont une grande tolérance au risque ou non?
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D’un côté, les « VC », pour Venture Capital ou capital-risque en français, ont un appétit pour le risque relativement élevé et une vision à plus long terme sur leur investissement (5 à 10 ans). Toutefois, cela requiert à l’organisation de devoir générer un événement de liquidité, comme une vente de l’organisation par exemple, à la fin de cet horizon.
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De l’autre côté, des investisseurs en dette comme des banques requièrent à l’organisation d’atteindre un certain niveau de profitabilité pour pouvoir faire face au remboursement en capital et intérêt de la dette.
À titre d’exemple : si l’argent sert à développer une nouvelle technologie avec plus d’incertitudes quant au délai de développement et de la profitabilité à venir, il s’agit évidemment d’un plus gros risque généralement supporté par des VC et/ou par un soutien public à travers de subventions.
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