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Vertité, cultiver à la verticale des fraises - Esplanade Québec
économie circulaire, impact environnemental
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Portrait d’impact : Vertité, cultiver à la verticale des fraises pour le goût, pour la santé et pour la planète

Par Isabelle Quentin

Produire, au cœur de la ville, des fraises goûteuses et saines à longueur d’année sur 10 % de la surface habituelle et sans pesticides, est-ce possible ? Vertité le démontre haut la main.

Notre forte dépendance aux importations, ajoutée aux changements climatiques qui affectent les fournisseurs étrangers et locaux, rend notre approvisionnement alimentaire de plus en plus vulnérable. La mission et l’action de Vertité et de sa fondatrice en découlent.

Pourquoi les fraises en culture verticale ?

Dès l’adolescence, Ophelia Sarakinis s’intéresse à l’agriculture et à l’alimentation naturelle. À 17 ans, elle découvre l’agriculture urbaine hydroponique et c’est la révélation. Elle poursuit ses études en gestion de ferme et technologie au Campus Macdonald, tout en faisant des tests de culture hydroponique à la verticale… dans la maison de ses parents conciliants.

La fondatrice, Ophelia Sarakinis

Elle jette rapidement son dévolu sur les fraises, lesquelles, en culture traditionnelle, sont les fruits pour lesquels on utilise le plus de pesticides et 10 fois plus de surface, d’eau et d’engrais pour arriver à la même production en terre.

Ophelia me raconte que les cultivars utilisés en vue de voyager sur de longues distances ne sont pas très goûteux et que la valeur nutritive des fruits se perd avec la distance parcourue. 

Elle ajoute que plus de 80 % des fruits que nous consommons au Canada proviennent d’ailleurs et que le marché des petits fruits représente à lui seul un marché de 270 000 tonnes métriques [2019], et 10 % de l’ensemble des fruits importés. Nous ne sommes pas surpris, puisque les petits fruits — fraises, framboises, bleuets —, sont très nutritifs. 

La création de la ferme prototype

En 2019, elle développe un plan d’affaires qui remporte le prix de l’innovation de la Banque Nationale et crée Vertité.

Depuis, travaillant dans leur première fermette de 37 mètres carrés (400 pieds carrés), Phillip Rosenbaum, cofondateur et directeur technique, n’a de cesse d’améliorer leur installation. 

La recherche et le développement passent alors par toutes sortes d’améliorations : matériaux de construction à utiliser, dosage des nutriments, réutilisation de l’eau, éclairage. Chaque élément est soigneusement testé. 

Les professeurs Trevor Charles du département de biologie de Waterloo et Benjamin Goldstein du laboratoire SURF de l’université McGill les aident à relever deux défis de l’agriculture d’intérieur : la diversité microbiologique qui provient de la culture dans le sol et la minimisation de l’impact sur l’environnement.

Le premier les accompagne pour développer un environnement optimal de culture non stérile afin d’augmenter le rendement, la saveur et les nutriments des baies.

L’intérieur de la ferme prototype — tester différents systèmes de culture et d’éclairage

Le SURF évalue le fonctionnement de la fermette prototype quant aux émissions de GES, à la consommation d’énergie fossile, à l’eutrophisation de l’eau douce et de l’eau de mer et à la consommation de l’eau bleue en les comparant à ceux de fermes de même culture de Californie et d’Ontario. 

Bien que la ferme prototype soit optimisée pour la recherche et le développement plutôt que pour une production massive, l’évaluation préliminaire de l’impact sur l’environnement réalisée par le groupe montre qu’elle est au moins aussi efficace, voire meilleure, que les autres solutions.

Le coup de pouce de l’Esplanade

En 2022, avant d’amorcer la construction de sa première usine commerciale, Vertité rejoint une cohorte Transformation d’Esplanade Québec regroupant 4 entreprises du secteur alimentaire dont la croissance rapide exige un plan stratégique bien ficelé. 

Ophélia dit avoir été très stimulée par l’ouverture des participants et la valeur des échanges qui se sont produits. Elle souligne aussi la qualité des experts rencontrés, dont Thibaud Joubert, pour l’indispensable plan de commercialisation. Elle dit : « Nous étions trop timides au vu de nos recherches, de nos expérimentations et les résultats que nous obtenions déjà. Thibaud nous a incités à être fiers, à sortir de notre coquille et à rayonner. Il nous a aussi aidés à valoriser notre produit et à fixer notre prix de vente. Un grand défi. »

La construction de la nouvelle ferme de 700 mètres carrés (7500 pieds carrés) dans le quartier Ahuntsic-Cartierville est en cours. Ils pourront bientôt déployer tout leur savoir-faire, en plein centre de la ville, à proximité des citoyens. Joie!